Lettre aux Français du Président de la République

Le Président de la République, Emmanuel Macron, vient de publier une importante "Lettre aux Français", qui fixe le cadre du débat national faisant suite à la crise des Gilets Jaunes. Les Maires, ainsi que certaines associations, seront mis à contribution pour faire vivre ce débat. Il nous a donc paru opportun de relayer ici cette Lettre aux Français.

 

Chères Françaises, chers Français, mes chers compatriotes,

Dans une période d’interrogations et d’incertitudes comme celle que nous traversons, nous devons nous rappeler qui nous sommes.

La France n’est pas un pays comme les autres.

Le sens des injustices y est plus vif qu’ailleurs. L’exigence d’entraide et de solidarité plus forte.

Chez nous, ceux qui travaillent financent les pensions des retraités. Chez nous, un grand nombre de citoyens paie un impôt sur le revenu, parfois lourd, qui réduit les inégalités. Chez nous, l’éducation, la santé, la sécurité, la justice sont accessibles à tous indépendamment de la situation et de la fortune. Les difficultés de la vie, comme le chômage, peuvent être surmontées, grâce à l’effort partagé par tous.

C’est pourquoi la France est, de toutes les nations, une des plus fraternelles et des plus égalitaires.

C’est aussi une des plus libres, puisque chacun est protégé dans ses droits et dans sa liberté d’opinion, de conscience, de croyance ou de philosophie.

Et chaque citoyen a le droit de choisir celles et ceux qui porteront sa voix dans la conduite du pays, dans l’élaboration des lois, dans les grandes décisions à prendre.

Chacun partage le destin des autres et chacun est appelé à décider du destin de tous : c’est tout cela, la Nation française.

Comment ne pas éprouver la fierté d’être Français ?

Je sais, bien sûr, que certains d’entre nous sont aujourd’hui insatisfaits ou en colère. Parce que les impôts sont pour eux trop élevés, les services publics trop éloignés, parce que les salaires sont trop faibles pour que certains puissent vivre dignement du fruit de leur travail, parce que notre pays n’offre pas les mêmes chances de réussir selon le lieu ou la famille d’où l’on vient. Tous voudraient un pays plus prospère et une société plus juste.

Cette ambition, je la partage. La société que nous voulons est une société dans laquelle pour réussir on ne devrait pas avoir besoin de relations ou de fortune, mais d’effort et de travail.

En France, mais aussi en Europe et dans le monde, non seulement une grande inquiétude, mais aussi un grand trouble ont gagné les esprits. Il nous faut y répondre par des idées claires.

Mais il y a pour cela une condition : n’accepter aucune forme de violence. Je n’accepte pas la pression et l’insulte, par exemple sur les élus du peuple, je n’accepte pas la mise en accusation générale, par exemple des médias, des journalistes, des institutions et des fonctionnaires. Si tout le monde agresse tout le monde, la société se défait !

Afin que les espérances dominent les peurs, il est nécessaire et légitime que nous nous reposions ensemble les grandes questions de notre avenir.

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Pape François : "La bonne politique est au service de la paix"

 Dans son message pour la journée mondiale de la Paix, François ne parle cette année que de politique ! On y trouve matière à  réfléchir, quand on est chrétien et élu. Ce quel que soit le mandat que l'on détient.

Nous ne pouvions pas espérer de plus beau cadeau !

 

MESSAGE DU SAINT-PÈRE
FRANÇOIS
POUR LA CÉLÉBRATION DE LA
LIIe JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX

1er JANVIER 2019

 

La bonne politique est au service de la paix

 1. ‘‘Paix à cette maison !’’

En envoyant ses disciples en mission, Jésus leur dit : « Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘‘Paix à cette maison’’. S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra vers vous » (Lc 10, 5-6).

Offrir la paix est au cœur de la mission des disciples du Christ. Et cette offre est adressée à tous ceux qui, hommes et femmes, aspirent à la paix au milieu des drames et des violences de l’histoire humaine[1]. La ‘‘maison’’ dont parle Jésus, c’est chaque famille, chaque communauté, chaque pays, chaque continent, dans sa particularité et dans son histoire ; c’est avant tout chaque personne, sans distinctions ni discriminations. C’est aussi notre ‘‘maison commune’’ : la planète où Dieu nous a mis pour y vivre et dont nous sommes appelés à prendre soin avec sollicitude.

C’est donc également mon vœu au début de l’année nouvelle : ‘‘Paix à cette maison !’’.

2.  Le défi de la bonne politique

La paix est comme l’espérance dont parle le poète Charles Péguy [2]; elle est comme une fleur fragile qui cherche à s’épanouir au milieu des pierres de la violence. Nous le savons : la recherche du pouvoir à tout prix porte à des abus et à des injustices. La politique est un moyen fondamental pour promouvoir la citoyenneté et les projets de l’homme, mais quand elle n’est pas vécue comme un service à la collectivité humaine par ceux qui l’exercent, elle peut devenir un instrument d’oppression, de marginalisation, voire de destruction.

« Si quelqu’un veut être le premier, dit Jésus, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9, 35). Comme le soulignait saint Paul VI : « Prendre au sérieux la politique à ses divers niveaux – local, régional et mondial –, c’est affirmer le devoir de l’homme, de tout homme, de reconnaître la réalité concrète et la valeur de la liberté de choix qui lui est offerte pour chercher à réaliser ensemble le bien de la cité, de la nation, de l’humanité »[3].

En effet, la fonction et la responsabilité politique constituent un défi permanent pour tous ceux qui reçoivent le mandat de servir leur pays, de protéger les habitants et de travailler pour asseoir les conditions d’un avenir digne et juste. Accomplie dans le respect fondamental de la vie, de la liberté et de la dignité des personnes, la politique peut devenir vraiment une forme éminente de charité.

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les 70 ans de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme !

A l'occasion des 70 ans de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH), Chrétiens en Forum s'associe à la démarche de plusieurs organisations chrétiennes pour en fêter l'anniversaire.

Une fête sous forme de colloque, qui aura lieu le 15 décembre prochain, à Paris, au F.I.A.P.

Le programme est consultable en cliquant ici.

Pour vous inscrire, cliquez ici.

Gilets jaunes : un positionnement chrétien


« Il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune »...

Depuis plusieurs semaines le mouvement des « gilets jaunes » révèle de profondes fractures, anciennes et qui s’agrandissent encore, fractures sociales et territoriales, entrainant des sentiments d’abandon et d’exclusion, de délaissement, d’injustice et d’humiliation. Ce mouvement exprime une colère réelle pouvant, pour certains, générer une violence destructrice, comme une réponse à la violence sociale vécue par beaucoup.

Ce mouvement ne laisse pas les chrétiens indifférents. Dans son encyclique Laudato si’, le pape François nous invite à « s’asseoir pour penser et pour discuter avec honnêteté des conditions de vie et de survie d’une société, pour remettre en question les modèles de développement, de production et de consommation. » (François, Laudato si’, 138, 2015)

L’heure est venue de mener ce débat et les chrétiens doivent y prendre toute leur place en rappelant les balises qui sont les leurs.

Première balise, l’option préférentielle pour les pauvres. Oui, la transition écologique est nécessaire, mais pour le pape François « tout est lié », « tout est intimement lié », comme il l’écrit maintes fois dans Laudato si’. Nous devons entendre à la fois le cri de la Création et le cri des pauvres. L’écologie est un appel à la conversion des modes de vie, pas une punition infligée aux plus pauvres qui sont déjà les premières victimes de la dégradation de leur environnement et de leur cadre de vie. Le pape nous rappelle qu’« une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l’environnement, pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres. » (LS 49) Il n’y aura pas de transition écologique sans justice sociale !

Notre modèle économique qui pousse à la recherche du profit est efficace pour créer de la richesse, mais cette richesse doit être mise au service de tous les hommes : « En réalité, aucun profit n’est légitime lorsque fait défaut la vision de la promotion intégrale de la personne humaine, de la destination universelle des biens et de l’option préférentielle des pauvres. » (OEconomicae et pecuniariæ quæstiones, 10, 2018)

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12 raisons de dire NON à l'euthanasie et OUI aux soins palliatifs...

 

 Nous retranscrivons ci-dessous un texte important, publié  il y a quelques jours par un collectif de 175 associations de bénévoles en soins palliatifs. Ces associations ne sont pas confessionnelles pour la plupart. Elles rassemblent plusieurs milliers de bénévoles. Leur manifeste, fondé sur leur expérience de terrain, donne à réfléchir à tous. Et en priorité aux responsables politiques.

 

DONNER LA MORT NE SERA JAMAIS UN SOIN...

 

1. Chacun doit vivre dans la dignité, jusqu’au bout de sa vie

Toute personne, quels que soient sa situation et son état médical, est intrinsèquement digne. Même dans les situations les plus redoutées, les équipes de soins palliatifs mettent tout leur cœur et leur savoir-faire à sauvegarder la dignité véritable des patients. Considérer que l’on assure la dignité d’une personne en lui donnant la mort est une défaite de l’humanité.

 

2. La loi doit protéger les plus fragiles

Nos choix personnels ont tous une portée collective, surtout quand ils requièrent l’assistance d’un tiers, comme dans le cas de l’euthanasie ou du suicide assisté. Se tenir face à la mort et vouloir la hâter est un exercice rare et solitaire revendiqué par quelques personnes déterminées mais qui pèserait sur tous les plus faibles : les personnes isolées, âgées ou d’origine étrangère, qui sont susceptibles d’être soumises à toutes sortes de pressions (familiale, sociale, voire même médicale). C’est particulièrement vrai dans notre société, qui valorise la performance et peut donner à une part notable de sa population le sentiment d’être un poids.

 

3. L’interdit de tuer structure notre civilisation

Légaliser l’euthanasie, c’est inscrire au cœur même de nos sociétés, la transgression de l’interdit de tuer. Un principe élémentaire de précaution devrait nous dissuader de suspendre désormais nos valeurs collectives à un « Tu tueras de temps en temps » ou « sous certaines conditions ». Notre civilisation a progressé en faisant reculer les exceptions à l’interdit de tuer (vengeance, duels, peine de mort…). Légaliser l’euthanasie ou le suicide assisté serait une régression.

 

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