Projet de Loi asile/immigration, initiative du Secours catholique

A l’invitation du Secours catholique-Caritas France, plus de 130 députés et plusieurs sénateurs sont venus rencontrer et dialoguer avec des personnes migrantes dans les accueils et les délégations de l’association.

Le Secours catholique appelle ces députés, ainsi que tous les autres parlementaires, à faire œuvre de pragmatisme en apportant une solution humaine et digne aux personnes migrantes présentes sur le territoire, en attente de droits ou de protection.

Le 17 janvier dernier, l’association adressait une lettre ouverte à tous les députés pour leur faire part des vives inquiétudes que suscite le projet de loi Asile et Immigration prochainement en débat à l’Assemblée nationale. Au-delà des régressions importantes en matière de respect des droits fondamentaux, le Secours Catholique Caritas France s’inquiétait du silence porté par le projet quant à la situation concrète dramatique de dizaines de milliers de personnes et de familles présentes sur le territoire, mais laissées sans droits ni perspectives, ou encore du

Par ce courrier, le Secours catholique  invitait tous les députés à venir dialoguer avec des personnes migrantes, demandeurs d’asile ou déboutées, pour entendre et comprendre concrètement les réalités qu’elles viventet la précarité dans laquelle elles sont enfermées du fait de la réglementation actuelle.

En deux mois, dans plus de 40 délégations de l’association, plus de 130 députés ont répondu à l’invitation et sont venus rencontrer et dialoguer avec des personnes migrantes et nos équipes, dans nos accueils ou avec nos partenaires associatifs locaux.

Nous savons que ces rencontres ont été riches d’enseignements pour les élus. Au-delà des discours convenus et des éléments de langage élaborés, nombreux sont les député(e)s qui ont découvert l’ampleur des obstacles légaux ou administratifs qui bloquent et fragilisent des dizaines de milliers de personnes, les laissant dans une très grande précarité ou dans une situation kafkaïenne.

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Quel monde voulons-nous pour demain ?

Entretien avec le Père Bruno Saintôt, responsable du département Éthique biomédicale du Centre Sèvres, dans le cadre des états généraux de la bioéthique.

interview de Dominique Quinio, parue dans la Lettre des Semaines Sociales, avril 2018

 

Faut-il croire à la portée d’un débat public avant le vote d’une loi sur des sujets aussi complexes ?

Le débat public est pertinent s’il consiste à transformer une multitude de revendications en une « chose publique », qui nous concernent tous. C’est ce que vise le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) en précisant que la question est : « Quel monde voulons-nous pour demain ? ». Le risque est de ne pas faire du commun mais un simple affrontement d’intérêts et de pouvoirs, ou encore de multiplier les avis individuels sans ce long travail du débat où ils sont éprouvés dans l’argumentation.

 

Quel peuvent être la place et le rôle des chrétiens dans la démarche des États généraux ?

Les chrétiens portent, avec d’autres, le souci du monde commun, à commencer par le soin du plus petit. Beaucoup oeuvrent dans le soin pour contribuer à guérir, soulager, consoler. C’est à partir du soin du plus faible, grâce à l’usage raisonné des techniques, que le lien social peut être sans cesse renoué, et que la fraternité fait tenir la liberté et l’égalité. Les chrétiens devraient aussi garder le souci du dialogue dans la raison commune car la foi ne va pas sans la raison. Sans elle, chacun est tenté de se barricader dans ses convictions et ses intérêts. Enfin, si les chrétiens sont portés par l’espérance d’une vie éternelle, ils peuvent contribuer, avec d’autres sagesses, à apprendre à vivre ensemble heureux sous l’horizon de la mort, dans l’affrontement des désirs insatisfaits et de la souffrance. C’est un risque : la peur de souffrir et de mourir peut nous empêcher de vivre et nous rendre inhumains et immoraux.

 

Quels sont, pour vous, les points clés du débat, les enjeux principaux auxquels être attentif ?

Le premier enjeu est de savoir si nous allons garder notre système de santé basé sur la mutualisation des risques et sur la solidarité. Les innovations de la e-santé permettent les nouvelles performances de la médecine personnalisée mais risquent d’entraîner des modes de protection individualisés : pourquoi devrais-je payer pour d’autres si j’ai moins de risques de santé ? Cet enjeu majeur du maintien de la solidarité dans le soin est celui d’un système politique. Pouvons-nous vouloir collectivement un système très libéral après avoir bénéficié depuis l’après-guerre d’un système de solidarité qui contribue aussi au lien social ?

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Discours de Mgr Pontier aux Bernardins, 9 avril 2018

Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Ministre d’État, Ministre de l’Intérieur,
Madame la Ministre auprès du ministre d’État, ministre de l’intérieur,
Madame la Secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, auprès du Premier Ministre
Monseigneur le Nonce Apostolique,
Monsieur le Cardinal,
Monsieur le Vice-président du Conseil d’État,
Mesdames et messieurs les Élus,
Chers amis responsables de culte en France,
Chers confrères,
Mesdames, messieurs, chers amis,

Vous avez répondu positivement à notre invitation et je vous en exprime la reconnaissance des évêques de France, tout particulièrement, à vous, Monsieur le Président de la République. Votre présence nous honore et manifeste les relations anciennes et renouvelées entre l’État et l’Église Catholique. Cette rencontre est inédite et n’a pas nécessairement vocation à être renouvelée annuellement. Nous l’avons proposée dans la période où les catholiques, les chrétiens fêtent la Pâque, la résurrection de Jésus le Christ, la fête la plus importante de l’année, celle qui ouvre un horizon de vie au-delà de la mort à cause de la volonté du Dieu créateur qui aime toutes ses créatures. Nous puisons là une espérance éclairante qui nous amène à une absolue certitude en la dignité de tout être humain créé à l’image de Dieu.

A vrai dire, nous avons tous ici une ambition commune ou une responsabilité partagée : celle de contribuer, chacun selon son statut, à la qualité de la vie commune dans ce pays qui est le nôtre et que nous aimons, la France. Notre pays a apporté sa contribution à l’avancée des idées et à l’avènement de sociétés plurielles. Sa devise « Liberté, Égalité, Fraternité » résonne comme une dynamique sage et porteuse de bonheur, mais aussi comme une tâche toujours à reprendre ou à consolider, tellement la recherche de l’intérêt personnel peut entraver celle du bien commun.

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Discours de M. Emmanuel Macron devant les évêques de France

Voici l'intégralité du discours prononcé le 9 avril dernier par M. Emmanuel Macron, Président de la République, devant les Evêques de France, au Collège des Bernardins à Paris.

 

"Monsieur le Ministre d’Etat,

Mesdames les ministres,

Mesdames, messieurs les parlementaires,

Monsieur le Nonce,

Mesdames et messieurs les ambassadeurs,

Mesdames et messieurs les responsables des cultes,

Monseigneur,

Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie vivement, Monseigneur, et je remercie la Conférence des Evêques de France de cette invitation à m’exprimer ici ce soir, en ce lieu si particulier et si beau du Collège des Bernardins, dont je veux aussi remercier les responsables et les équipes.

Pour nous retrouver ici ce soir, Monseigneur, nous avons, vous et moi bravé, les sceptiques de chaque bord. Et si nous l’avons fait, c’est sans doute que nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l’Eglise et l’Etat s’est abîmé, et qu’il nous importe à vous comme à moi de le réparer.

Pour cela, il n’est pas d’autre moyen qu’un dialogue en vérité.

Ce dialogue est indispensable, et si je devais résumer mon point de vue, je dirais qu’une Eglise prétendant se désintéresser des questions temporelles n’irait pas au bout de sa vocation ; et qu’un président de la République prétendant se désintéresser de l’Eglise et des catholiques manquerait à son devoir.

L’exemple du colonel BELTRAME par lequel, Monseigneur, vous venez d’achever votre propos, illustre ce point de vue d’une manière que je crois éclairante.

Beaucoup, lors de la journée tragique du 23 mars, ont cherché à nommer les ressorts secrets de son geste héroïque : les uns y ont vu l’acceptation du sacrifice ancrée dans sa vocation militaire ; les autres y ont vu la manifestation d’une fidélité républicaine nourrie par son parcours maçonnique ; d’autres enfin, et notamment son épouse, ont interprété son acte comme la traduction de sa foi catholique ardente, prête à l’épreuve suprême de la mort.

Ces dimensions en réalité sont tellement entrelacées qu’il est impossible de les démêler, et c’est même inutile, car cette conduite héroïque c’est la vérité d’un homme dans toute sa complexité qui s’est livrée.

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Communiqué des 118 évêques de France sur la fin de vie

Nous devons tous pouvoir réfléchir le plus sereinement possible à la fin de vie. En apportant leur éclairage, les 118 évêques de France signent une Déclaration « Fin de vie : oui à l’urgence de la fraternité ! », ce jeudi 22 mars 2018.

Ils expriment leur compassion envers leurs frères et sœurs en fin de vie et saluent les professionnels de santé qui leur procurent une réelle qualité de vie avec une fin de vie la plus apaisée possible. Ils déplorent les disparités d’accès aux soins palliatifs sur le territoire national, ainsi que l’insuffisance des formations proposées aux personnels soignants, car cela engendre des souffrances tragiques. Ce sont elles qui occasionnent les demandes de légalisation d’assistance au suicide et d’euthanasie.

Avec ces constats, les évêques de France avancent six raisons éthiques majeures pour s’opposer à cette légalisation qui, à nouveau, troublerait profondément notre société. Ils appellent leurs concitoyens et leurs parlementaires à un sursaut de conscience pour que s’édifie une société fraternelle où nous prendrons individuellement et collectivement soin les uns des autres.

Les 118 évêques signataires insistent : « Ne nous trompons donc pas d’urgence ! »

 

"Quelles que soient nos convictions, la fin de vie est un temps que nous vivrons tous et une inquiétude que nous partageons. Chacun doit donc pouvoir y réfléchir le plus sereinement possible, en évitant les écueils des passions et des pressions.

Nous voulons avant tout exprimer notre pleine compassion envers nos frères et sœurs en « fin de vie », comme l’Église a toujours essayé de le faire. Ils se présentent dans leur faiblesse, parfois extrême. Leur existence est un appel : de quelle humanité, de quelle attention, de quelle sollicitude ferons-nous preuve envers eux qui vivent au milieu de nous ?

Nous saluons les professionnels de santé qui leur procurent une qualité de vie dans une fin de vie la plus apaisée possible, grâce à leur compétence technique et à leur humanité, aussi bien dans le suivi quotidien que dans les situations d’urgence. Certains d’entre eux sont engagés, souvent avec de fortes convictions personnelles, en soins palliatifs. Grâce à eux et à l’effort de déploiement de ces soins, nombre de nos concitoyens vivent de manière apaisée leur fin de vie.

Cependant, ces soins ne sont pas suffisamment développés et les possibilités de soulagement de la souffrance sous toutes ses formes ne sont pas assez connues. Il est urgent de combattre cette ignorance, source de peurs qui ne sont jamais bonnes conseillères et dont s’abreuvent les sondages.

Ancrés dans l’ensemble du territoire, nous déplorons les disparités d’accès aux soins palliatifs ainsi que l’insuffisance de formations proposées au personnel médical et soignant, ce qui engendre des souffrances parfois tragiques. C’est pourquoi l’urgence consiste à poursuivre le développement des soins palliatifs pour que toute personne en ayant besoin puisse, selon la loi du 9 juin 1999, y avoir accès quel que soit son lieu de vie, y compris dans les EHPAD et dans les maisons de retraite.

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