Elections 2017 : analyses

Le 22 juin 2017, à l'occasion de son Assemblée générale, Chrétiens en Forum demandait à trois personnalités qualifiées -Jean-Louis Bourlanges,  Nathalie Leenhardt, François Ernenwein - de nous livrer leur analyse des résultats des élections 2017 en France.

Voici pour commencer celle de Jean-Louis Bourlanges, député LREM et ancien député européen :

Jean-Louis Bourlanges - (ex-parlementaire européen MODEM avant d’être élu en juin 2017 député « En Marche ! ») l’affirme : on ne peut pas comprendre les résultats des dernières élections en France si on ne les replace pas dans un contexte européen, caractérisé par la renaissance d’une menace pour l’Occident – le terrorisme et le salafisme -, le retour sur la scène mondiale d’une Russie agressive et ambitieuse, les dérobades de l’allié américain et la conscience naissante que la globalisation n’est pas une option mais une figure imposée.

Les vagues migratoires, les questions climatiques, les crises économiques montrent que les défis deviennent transnationaux.

 

Un nouveau cycle européen

La conjonction de ces phénomènes inaugure un nouveau cycle pour l’Europe. Autant cette dernière était en panne depuis la fin du XXème siècle, autant on commence à percevoir que la réponse aux grands défis actuels ne peut venir que d’une union des Européens.

Cela a ébranlé en profondeur la société française, tentée jusque-là par les replis identitaires (populismes) et individualistes (ultra libéralisme). Les camps politiques n’ont pas été épargnés, car la question de l’Europe les a fracturés de l’intérieur : on a ainsi vu une gauche anti-européenne s’opposer violemment à une gauche pro-européenne et une droite pro-européenne en butte à une droite anti-européenne.

C’est dans ce contexte qu’émerge « la fusée Macron ».

Jouant de ces fractures politiques, Emmanuel Macron a opportunément brandi l’étendard européen pour reconstituer autour de lui une majorité sur des bases nouvelles, non idéologiques. Il a assumé la renaissance d’une offre centrale, et non « centriste ») dans une équation politique à la française susceptible de séduire le plus grand nombre.

Il y avait eu des signes avant-coureurs : acceptation par l’Allemagne d’un assouplissement de la rigueur budgétaire, victoire en Autriche d’un modéré pro-européen (A. Van der Bellen) contre un parti populiste (le FPÖ), défaite de Geert Wilders aux Pays-Bas. Les camps européens qui l’ont emporté. Quelques semaines plus tard, en France, face à dix candidats anti-européens, le candidat européen modéré est finalement victorieux.

Evidemment, le "Brexit", voté il y a un an, semble invalider cette analyse. Mais depuis, les Anglais ne savent que faire : ils ne voient pas clairement jusqu’à quel point ils veulent et peuvent sortir de l’Europe.

Nous sommes donc entrés dans une phase nouvelle, différente, qui a clos un cycle de 20 ans. Nous assistons à un reflux, un renversement. C’est ainsi qu’il faut comprendre les résultats des élections présidentielles puis législatives en France cette année.